Égypte Oct 2019 (en français)

Égypte Oct 2019 (en français)

Afin de pratiquer le français, j’ai traduit mon récit de voyage d’Égypte. J’espère que c’est au moins comprehensible 😉

Nous avons dû nous lever à 2.15 le matin pour attrapper notre vol de Zurich à Hurghada. Par conséquent Matthias s’est transformé en une espèce rare, le “Neinhorn”:


Nous avons passé un très bon moment à l’aéroport – l’enregistrement, les contrôles de sécurité et l’embarquement- tout ça avec du personnel aimable et sans file d’attente. On doit aimer la classe affaires. Heureusement, ce n’est pas si cher pour un vol court mais je dois trouver une solution pour des vols de longue durée. Hé patron, j’ai besoin d’une augmentation pour, euh, des besoins humains fondamentaux (au moins ça devrait être considéré comme fondamental). 
À bord, l’expérience de la classe affaires a continué avec différents types de véritable pain chaud et une sélection de petit déjeuner de haute qualité – du fromage à pâte molle et dure, du jambon, des céréales Bircher, des fruits frais et finalement du champagne à volonté.

Les écrans étaient figés, donc nous avons utilisé notre logiciel de pilote pour vérifier notre position et des données de vol de temps en temps. L’altitude environ 39000ft comme d’habitude, la vitesse sol moyenne 450 nœuds. Ces trucs sont rapides – en comparaison nos petits avions ont de la difficulté à atteindre seulement 140 nœuds (tout en soufflant comme un bœuf).

Voici quelques photos de notre vol (le lever du soleil était juste sur la côte croate – très joli). 


À notre arrivée à Hurghada, nous avons promptement été accueillis par le guide d’Aggressor pour le trajet à Marsa Alam (à deux heures de route). Hurghada est situé entre la mer rouge et le désert, un hotspot pour des touristes et apparemment perpétuellement en cours de construction. 
Le paysage inhospitalier du désert paraît complètement différent des verts de l’Europe. Pas de buisson, pas d’arbre – pourtant la vaste étendue vide est curieusement agréable aux yeux. Seulement du sable en différentes teintes de beige, avec des surfaces rocheuses et des montagnes sombres qui s’élèvent en arrière-plan, enveloppées dans la brume. Apparement, quelques familles bédouines vivent dans la solitude au pied de ces montagnes. Originaires du Soudan du Sud, ils élisent domicile près de petites mares. Normalement ils ont un chameau et peut-être quelques chèvres, et vivent principalement de lait et de pain. Quand l’eau sera épuisée ils plieront leur tente et partiront. 

Il y a un peu de trafic autour de Hurghada, principalement des voitures assez anciennes de forme curieuse. On voit fréquemment de petits groupes d’hommes (souvent vêtus de leurs tenues traditionnelles), qui sont en train de bavarder. Par contre, les femmes brillent seulement par leur absence. Des déchets sont jetés directement à côté de la rue ou dans le désert, peu importe où pourvu que ce soit pratique. Par conséquent, il y a de petites piles de déchets dispersés dans le paysage, même répartis plus loin par le vent.

Pendant le trajet vers le sud, le contraste entre le sable jaune et les turquoises clairs et les bleus foncés de la mer rouge était frappant. En continuant vers le sud, le trafic s’amincit notamment jusqu’à ce qu’il semble que nous soyons seuls dans le désert.

Mon compteur de pas indiquait plus de 10000 pas après être arrivés, mais je crains qu’il ait été trompé par les nombreux ralentisseurs. 
Notre hôtel, le Steigenberger Coraya, était situé directement au bord de la mer, décoré avec des éléments de style arabe comme des mosaïques ornées, des vases ou des portes avec des motifs complexes. Entre les bâtiments, il y a des zones vertes parsemées de palmiers, d’arbustes en floraison et d’une verdure luxuriante. Après notre trajet à travers le désert, cette abondance paraît étrange, même frivole. D’où vient toute l’eau douce? N’est-ce pas un énorme gaspillage?

Le personnel est extrêmement aimable, de manière presque excessive. C’est ainsi que les pharaons devaient se sentir à l’époque – tout le monde recule immédiatement lorsqu’on approche, réagit à chaque geste, infiniment soucieux de plaire.
Le vent est une présence constante et un soulagement bien apprécié par ce soleil brûlant. 

Le live-aboard

Plonger dans la mer rouge était bien mais pas spectaculaire. Les récifs de corail dans le sud sont beaux et il y a beaucoup de petits poissons colorés à voir. Cependant les poissons plus grands sont devenus tellement rares que voir un requin, même un seule, est déjà considéré comme un vrai cadeau. Apparemment beaucoup d’entre eux sont récemment devenus des victimes de la surpêche pour satisfaire la demande chinoise de soupe aux ailerons de requin. Un autre problème, c’est le simple nombre de plongeurs qui se rassemblent sur les sites de plongée. Même sur les itinéraires du sud, qui sont censées être moins fréquentées que disons, Hurghada, il est normal d’avoir jusqu’à 20 bateaux par site. En d’autres termes, avec au minimum 20 plongeurs par bateau, on peut finir par avoir 400 plongeurs envahissant un seul site. Avec autant de trafic au-dessus et au-dessous de la surface, il n’est pas étonnant que beaucoup d’animaux soient effarouchés. C’est surtout le cas pour des espèces timides comme le requin-marteau. Après avoir plongé aux îles Galapagos, où voir des centaines des requins-marteau en une plongée n’est pas hors du commun, l’absence d’espèces pélagiques est particulièrement frappante. 

Lors de notre troisième plongée de jour sur le fameux récif Daedalus, la mer était déjà agitée quand le vent s’est élevé et les conditions ont encore plus empiré. En remontant et pendant notre arrêt de sécurité à 5 mètres, nous avons été ballottés d’avant en arrière par les vagues puissantes. De retour à la surface, les vagues étaient si hautes que nous avons perdu temporairement de vue les autres avec chaque vague qui passait. Quand le zodiac est finalement arrivé pour nous prendre il a fallu faire attention de ne pas être tiré sous le petit bateau. Alors que les premiers plongeurs montaient lentement dans le bateau, les vagues s’élevaient progressivement et il devenait de plus en plus difficile de tenir la corde. Jusqu’à ce qu’avec une autre grande vague, la fille à côté de moi ait perdu sa prise. Elle et trois autres ont été emportés, directement sur le récif, où ils ont réussi à obtenir une prise de pied. Cependant, le récif ainsi que le déferlement de la houle étaient à présent entre eux et le bateau. Notre capitaine a essayé de leur jeter une corde mais ils étaient trop loin pour l’atteindre et on pouvait douter qu’ils aient eu la force nécessaire pour se tirer vers le bateau. Après plusieurs tentatives, notre zodiac a amené ceux qui avaient réussi à monter dedans sains et saufs (y compris Matt et moi), au bateau principal. Ensuite, il est retourné avec deux autres zodiacs pour récupérer ceux qui étaient échoués. Heureusement, personne n’était gravement blessé – ils avaient seulement quelques éraflures et plusieurs déchirures dans leurs combinaisons de plongée. Cependant, le recif a probablement subi des dommages à cause de leur présence et de leur sauvetage.

Après quelques plongées guidées avec le groupe, Matt et moi, nous nous sommes lassés d’avoir à éviter d’autres plongeurs et nous avons donc décidé de partir seuls. Immédiatement, les choses sont devenues plus intéressantes. Seuls, nous étions plus détendus et nous avions amplement le temps pour profiter de notre environnement – de beaux coraux mous et durs et des poissons colorés qui se déplacent souvent en bancs. Nous avons aussi vu beaucoup plus de choses intéressantes parce que les poissons n’étaient pas si terrorisés. Si 20 plongeurs se dirigeaient directement sur moi, je me cacherais aussi. De plus, comme Matt et moi avons une formation en plongée spéléologique, nous avons été capables d’explorer plusieurs cavernes et des passages étroits entre les rochers, ce qui n’aurait pas été possible autrement. C’était encore plus amusant parce que nous le faisions seuls, sans personne autour. On peut se sentir comme un explorateur.

Vers Luxor

Sur les routes égyptiennes, on apprend à apprécier des voitures avec une bonne suspension. Des trous impressionants alternent avec des milliers de ralentisseurs – virtuellement impossible à différencier (de toute façon c’est presque pareil pour tes fesses) sauf que les ralentisseurs se trouvent normalement par groupes de trois ou quatre.

D’abord, notre trajet de Port Ghalib à Luxor nous a emmenés vers le nord, longeant le bord de la mer rouge jusqu’à Safaga, puis vers l’ouest à travers le désert à Qena et finalement encore vers le sud le long du Nil à Luxor. Cette route détournée était nécessaire afin de passer plusieurs postes de contrôle militaire, qui sont censés assurer la sécurité des touristes. De plus, la route qui mène directement à travers le désert n’a pas de réseau mobile, ce qui peut devenir très incommode si la voiture tombe en panne.

Il faisait nuit pendant notre trajet à travers le désert et le manque de lumière artificielle nous permettait une bonne vue de la Voie Lactée.

Conduire en Égypte c’est pour le moins intéressant (même en tant que passager). La communication avec d’autres conducteurs se fait par l’usage créatif de toutes les lumières disponibles et par des coups de klaxon avec plus ou moins d’insistence. Par exemple, pour autant que je puisse dire, allumer les phares peut signifier n’importe quoi de “je viens par ici” à “tu m’as vu?” en passant par “qu’est-ce que tu fous là?”.

En général, les lumières des voitures sont très différentes des normes européennes. Tandis que quelques voitures roulent complètement sans lumière (peu importe l’obscurité) d’autres sont illuminées comme un sapin de Noël. C’est peut-être un reflet du caractère du conducteur – ceux qui préfèrent passer inaperçus et incognito versus les fêtards annonçant leur présence au monde. La sécurité semble être une préoccupation secondaire.

Entre Qena et Luxor, le paysage change drastiquement. Soudain, il y a des arbustes en floraison et même des arbres à côté de la rue. Les arbres peuvent pousser sur les rues en formant un tunnel pour offrir de la protection contre la chaleur caniculaire pour les fermiers et leurs ânes surchargés.

Comme certaines voitures, les mosquées sont illuminées en couleurs néon, principalement en vert et blanc. C’est parce que, apparemment, les hommes musulmans portaient une sorte de capuchon vert à l’époque.

L’Égypte ancienne

Visiter des tombes et des temples de l’Égypte ancienne était très impressionnant. Les tombes de la vallée des rois sont encore vives et colorées après des milliers d’années et les hiéroglyphes sont encore lisibles (au moins pour les experts). L’énergie qui a été dépensée afin de créer ces portes vers la vie après la mort est stupéfiante. Bien que quelques endroits aint été détruits par le vandalisme, des pilleurs de tombe et le passage du temps, ce qui reste est encore remarquable.

Le temple de Ramses III est un complexe énorme composé de cours et de colonnes, décoré avec des hiéroglyphes et des tableaux qui montrent encore des vestiges de couleurs pâlissantes. Essayer d’évoquer le temple à son apogée donne encore un indice du pouvoir et de la richesse du pharaon, qui l’a fait construire. Semblable à un dieu n’est pas exagéré.

Voici quelques galeries des temples et des tombes que nous avons visités:

La vallée des rois

La tombe de Ramses IV

La tombe de Ramses III

La tombe de Ramses IX

Le temple de Ramses III

La vallée des nobles, la tombe de Ramoses et les Colosses de Memnon

Le temple de Hatshepsut

Le temple de Karnak

Le temple de Luxor

Une dernière remarque

Nous avons rencontré plusieurs difficultés pendant ce voyage. D’un côté, nous étions tous les deux malades une quantité extraordinaire de temps, avec des troubles divers allant de problèmes gastro-intestinaux à l’infection de l’oreille et des symptômes de la grippe. C’est un rappel sinistre de mon dernier séjour en Égypte où j’ai eu d’horribles nausées.
D’autre côté, les différences culturelles sont difficile à gérer. Les coutumes, les interactions, et les ventes aggressives nous semblaient très pénibles. Je ne peux pas non plus me résoudre au statut de femme dans ces pays. Peut-être ces points-là expliquent pourquoi je n’ai jamais été complètement à l’aise dans ce lieu. Même Matthias a eu du mal à se détendre. En plus, le monde Arabe entier paraît être en train de fumer. Est-ce que c’est en compensation pour l’interdit de l’alcool? La nouvelle, que fumer n’est pas vraiment bon pour la santé ne semble pas être arrivée ici. Nous sommes tous les deux des non-fumeurs catégoriques, donc c’est un autre désavantage. En outre, tandis que l’hôtel était généralement ok, des fumées périodiques du plastique brûlé arrivaient de l’autre rive du Nil. Hormis les préoccupations environnementales, la puanteur était très désagréable. À la lumière de ce qui précède, Matt et moi avons convenu que ce serait notre dernier voyage dans un pays arabe.



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